Hommage à Arlette Taillebrest



Hommage à Arlette Taillebrest (1933-2021)



Il y a, un peu plus de 30 ans, alors que je n’étais

qu’une enfant, je rencontrais Arlette.

Elle dirigeait le groupe des Bretons d’Aulnay.

Le fameux « AR GWINIZ GLAS ».



Tout à démarré, avec Arlette, en septembre 1989,

Mon frère, ma sœur et moi, devions faire une activité extrascolaire.



Ma maman, par hasard, voit une annonce dans un journal,

d’un groupe de danses bretonnes qui propose de donner

une séance d’initiation à la danse bretonne.



Avec ma maman, mon frère et ma sœur,

nous nous sommes rendus à cette séance,

en pensant que ce serait juste pour un soir.



Nous avons fait comme Obélix,

nous sommes tombés dans la marmite.

Nous nous sommes pris au jeu des danses, ça nous à plu,

nous sommes restés.



Ce qui devait durer le temps d’un essai, 

à durer 20 ans, même un peu plus.



20 ans durant lesquels, Arlette nous a tout enseigné,

tout transmis, des danses et de leurs techniques.



J’ai grandi à ses côtés, avec d’autres enfants,

eux aussi, membres du groupe.



À son contact, j’ai appris beaucoup de la culture

et du patrimoine breton.



Du port du costume et de sa coiffe,

que l’on portait avec honneur et respect.

En passant par l’art de la démonstration scénique.



Elle nous a tout appris.

Comment prendre soin de nos coiffes en tulle,

après ce long travail d’amidonnage

et de repassage.



Tout un art qu’elle aimait montrer et expliquer

afin de perpétuer l’apprentissage des

techniques d’amidonnage.



Pour les costumes, traditionnels,

en velours dont elle prenait un très grand soin,



Je la revois, dans son garage, chaque année,

début septembre.



La porte grande ouverte, les costumes pendus

sur un crochet, au grand air, pour les aérer.



Elle en profitait, pour les retoucher,

les réparer, les mettre à nos mesures.



J’ai souvenir de ces chapeaux en crochet amidonnés,

tout en fleurs, qu’elle faisait elle-même.

Que de talents !!



Je revois ces photos, posées pèle mêle, sur une table,

pour voir celles qui seraient exposées

au forum des associations.



Pour le port du costume, pendant les préparatifs,

je ne compte plus le nombre de fois, ou,

bien malgré elle, en m’accrochant l’épingle de

châle dans le dos du costume, elle m’égratignait le dos

avec la pointe de l’épingle.



Pour la coiffe, elle expliquait longuement,

pour les filles, comment se coiffer.



Comment mettre ce filet à cheveu,

Comment mettre ce ruban noir autour du crâne

pour épingler la coiffe dessus.



Tout un préparatif qu’Arlette aimait nous voir

suivre, pour que le costume,

représente dignement sa région.



Elle était fière de nous voir porter les costumes

de notre région (La Bretagne)

Elle veillait à tout.



Elle tenait à ce que chaque danseuse,

ai son propre jupon et son propre panty,

pour pouvoir tourner,

virevolter sur scène, sans se retrouver

à nue, question de pudeur.



Je me souviens d’une fois, ou sur scène, en dansant,

j’ai perdu ma chaussure, quelle rigolade…

En dansant la secouette, j’ai envoyé le pied,

la chaussure à volée bien malgré moi.

Tout le monde à éclater de rire.

La danse à été stoppée, nous avons tellement ris,

que nous n’avons pas pu finir cette danse-là.



Autre anecdote que je partage avec vous:

Lors de mon dernier spectacle avec elle, je m’étais accroché le talon de ma chaussure, dans l’ourlet de la robe du costume.

Comme j’étais en équilibre, et que je tournais avec elle ;

Pour m’empêcher de tomber, elle me tenait à bout de bras.

En me dégageant le talon, j’ai déchiré l’ourlet de la robe sur une bonne longueur.

Sur le moment, elle a un peu râlé, mais après, elle a dit qu’a choisir entre l’accident (en effet, j’aurai pu tomber) et la robe, c’était pas grave.

C’était matériel, et rien ne justifiait que je manque de tomber du haut de la scène, à cause d’un talon accroché dans l’ourlet.



Quel soulagement, moi qui craignais sa colère.

Elle à été soulagée que je ne sois pas tombée,

que je ne me sois pas blessée.

Elle a réparé la robe, l’incident à été clos.

Aujourd’hui, j’en ris.

Une fois aussi, ou au gymnase du plan d’argent,

j’ai, sans faire exprès, envoyé mon chausson contre un néon

qui était au plafond.

La grille qui était sur le néon s’est décrochée, s’en est suivi

une grosse frayeur, et une crise de larmes.

Arlette m’a prise dans ses bras pour me consolée, en m’expliquant que c’était un accident.



Je me souviens que le gardien du gymnase «  Tintin, il s’appelait », est monté dans la salle avec un escabeau, et à raccroché la grille.

La, tout le monde à été rassuré, c’était pas grave.

L’incident à été clos rapidement.

Arlette riait jaune de mes, de nos bétises de gosses,

je n’étais pas seule.

Nous étions, mon frère, ma sœur, deux autres enfants et moi..



Elle nous faisait les gros yeux, elle nous grondait,

et c’était tout, on l’adorait.

J’ai mémoire de ce scotch rouge au sol,

qu’il fallait pas dépasser.

Les « Grands » dansaient ensemble de leurs côtés,

et nous, les enfants que nous étions, étions de l’autre

côté de ce scotch

Fallait pas faire de bruit, sinon, elle nous asseyait

sur une chaise, en silence, nous étions punis.

Mais dès qu’elle voyait, en grandissant, qu’on intéressait

aux danses, qu’on essayait de faire comme eux,

elle nous prenait avec elle, avec un immense plaisir.



Patiemment elle détaillait chaque pas, chaque danse.

Certaines se sont avérées compliquées pour l’âge que nous avions, alors elle adaptait, avec des danses d’enfant.

Une femme charmante, qui nous à fait faire, à tous les 5,

notre premier spectacle.

Moi qui étais la plus vieille de nous 5, je commençais à intégrer le groupe des adultes.



Lors de nos spectacles, Arlette,

aimait expliquait longuement ce que représentait

chaque costume, selon les départements bretons,

selon la richesse de la danseuse, selon si elle portait

le deuil ou le mariage.



Elle savait tout, dans le moindre détail.

Côté danses, lorsqu’elle avait un trou de mémoire,

souvent elle demandait à sa fille, qui, en quelques secondes donnait le pas.

C’est extraordinaire !!

Elle en était très fière. Sacré femme, je l’admirais,



À la mort de ma maman, il y ‘a 20 ans bientôt, c’était à la mi-août, je m’en souviens très bien.



Je me souviens, que le forum des associations de septembre

de la même année qui a suivi, j’étais sur scène avec Arlette.

C’est ça les artistes, quoi qu’il se passe, rien ne s’arrête, le spectacle continue.



Il y a 10 ans, lorsque, pour des raisons personnelles,

j’ai quitté le cercle d’Aulnay, pour rejoindre le cercle de Drancy.



Bien que je sois devenue membre du cercle drancéen,

ou j’ai continué de danser et d’évoluer

avec une autre professeur,

Je suis restée en contact amical et chaleureux avec Arlette.



C’est normal, celle qui a été la duchesse

des Bretons d’Aulnay, à été durant 23 ans,

le témoin de mariage de mon mari.

Elle a aujourd’hui, une place, toute spéciale, dans mes pensées, dans mes prières et dans mon cœur.



Arlette, a durant un peu plus de 20 ans,

été ma première professeure de danses bretonnes.

Durant 30 ans, elle a été mon amie.



Certaines fois, je l’appelais pour demander conseils sur le

costume de Lorient que je porte au cercle de Drancy.



Elle avait réponses à toutes mes questions, c’était incroyable. !



« Tata » comme je l’appelais, ou plutôt,

comme nous l’appelions, aimait la vie.



Elle aimait son groupe des Bretons d’Aulnay

et ses danseurs.



Groupe qui existe depuis les années 30 ;

Elle en était très fière.

Elle aimait écouter longuement sa fille, lorsqu’elle se mettait à jouer de la harpe celtique, avec un immense talent.

Lorsque Loïc passait voir sa maman, et qu’il se mettait à la bombarde, c’était quelque chose.

Elle aimait sa ville « Aulnay-Sous-Bois ».



Elle aimait le folklore breton, et le patrimoine

régional breton, son drapeau, sa culture, son histoire,

ses danses, ses traditions...

Tout chez elle, parlait BRETAGNE .



Ce que je sais aujourd’hui ? c’est elle, qui me l’a enseigné.

C’est avec elle, que j’ai fait mes premiers pas en danses bretonnes.

Avec elle, j’ai évolué en danses bretonnes, surtout dans les techniques de danses, tout un art.

C’est sous ses yeux que j’ai faits mes premières danses,

Grâce et avec elle, que j’ai fait mes premières scènes.

Sous ses yeux, que j’ai porté le costume de Brière avec sa coiffe.

Sous ses yeux que je me suis mariée.



La dernière fois que je l’ai vue, c’était, y a plus d’un an.

J’étais passé voir les danseurs au gymnase du gros saule.



J’avais apporté mes photos ou je porte le costume que je

porte à Drancy.



Je voulais qu’elle continue à voir mes évolutions, en termes de costume et de danses.

Ce soir-là, comme à chacune de mes visites, j’ai assisté à la répétition qui se déroulait sous mes yeux.



Je n’ai pas pu m’empêcher de donner

quelques conseils techniques de danses, de fautes

que j’avais vues, et qu’il fallait corriger.

C’est à ça que servent les répétitions.



Arlette souriait, et riait.

Elle m’a félicitée pour mes progrès et m’a encouragée

à continuer de transmettre ce que je sais aux plus jeunes.



J’ai promis de m’assurer que la relève qui évoluerait sous mes yeux, évoluera comme moi j’ai évoluée avec elle.



Je me souviens l’avoir appelée un peu plus tard,

pour avoir des conseils d’amidonnage pour ma coiffe de Lorient.



J’avais quelques soucis de teinte d’amidon,

elle m’a très bien conseillée, comme d’habitude.

Elle était fidèle à elle-même.

Arlette c’était la connaissance et le savoir faire,

ce qu’elle savait elle le transmettait de bon coeur. 

J’admirais cette grande dame, elle va terriblement me manquer.



Tata, tes enseignements techniques et pratiques, m’ont été riches de tes connaissances, de tes savoirs faire et de tes talents.

Pour tout ça, je ne te remercierai jamais assez.

Je te promets que tant que je pourrai transmettre ce que tu m’as transmis, je le ferai avec autant de talents de transmission que toi.

Avec autant de connaissances techniques, de foi et de conviction que toi.



Les danseurs du cercle, sauront, j’en suis sure, perpétuer la mémoire de tes enseignements.

Je serai la, pour les aider, les épauler, si le besoin,

lorsque tout redémarrera, s’en fait sentir.

Merci pour tout ce que tu m’as appris, 

Merci pour ce que tu m’as donné, 

Merci pour tout ce que tu as partagé avec nous.

Merci pour ton amitié,

Riche de plus 30 ans, de joie, de rigolade, de danses, de musiques, bretonnes, de costumes et de coiffes.



T’avoir eu dans ma vie comme amie, à été un grand cadeau.

Merci pour le patrimoine folklorique régional,

Merci pour la Bretagne.

Merci pour avoir donné vie au groupe

des Bretons d’Aulnay.

Merci pour le bagad, pour Loïc,

pour Maryvonne, pour Yvonnick,

pour Annaêlle, Maellenne, et les autres…



Merci pour mes premiers pas qui,

sous ta direction, sont devenues des danses.

Merci pour ta patience infaillible.

Il n’est pas toujours facile d’apprendre des danses compliquées,

mais avec toi, j’ai relevé les défis.

Merci pour avoir été toi, tout simplement.



Ton départ laisse un grand vide.

Notre chagrin est immense,

tu seras à jamais dans nos cœurs 

et nos mémoires.



Puisse tu reposée en paix,

auprès de ton cher époux que tu aimait tant.

Lui, que j’ai un peu connu.

« Jo » comme on l’appelait,

t’accueille aujourd’hui, auprès de lui.

Pour toujours.

 Il te jouera de la bombarde, tu lui souriras,

comme tu nous souriais.

Je me souviens de cette chaise, au gymnase du plan d’argent, 

dans cette salle de danses.

Elle est longtemps restée devant la porte,

comme si « Jo » allait revenir,

alors que nous savions qu’il ne reviendrait pas.

Longtemps, tu l’as pleuré.



Aujourd’hui, c’est nous qui te pleurons.

Ta mémoire restera vivante,

tant que vivra le groupe des Bretons d’Aulnay.

Tant que la danse traditionnelle bretonne,

comme tu l’aimais, vivra.

Tant que les costumes et les coiffes que tu aimais tant serons portés



Parce qu’Ar Gwiniz Glas, c’était toi !

Pour toi, c’est promis, nous resterons unis!

Surtout, nous resterons amis, c’est promis!

pour perpétuer ce que tu as mis des années à faire vivre.

Chers danseurs, je partage votre chagrin, 

bien sur, soyez en surs.



Je présente toutes mes plus sincères condoléances

à :

Maryvonne, sa fille.

A Loïc, son fils.

A Yvonnick son neveu

A Maellenne et à Annaelle, ses petites filles,

Aux danseurs du groupe des Bretons d’Aulnay

et tout spécialement

à Maryvonne,

Yvonnick, Isabelle, Marité, et les autres.



Photo: Collection personnelle d'Aurore Buselin.






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